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Après deux ans d’études et de travaux, la cour du collège Montaigne (Angers) a été entièrement transformée : moins de bitume, plus de nature, davantage d’usages et un climat scolaire apaisé. Porté par l’agence Art des Villes et des Champs, ce projet ambitieux mêle désimperméabilisation, biodiversité, confort thermique et nouveaux espaces de vie pour les élèves et les enseignants.
La cour du collège Montaigne à Angers a fait l’objet d’une profonde transformation, passant d’un vaste espace minéral et partiellement dédié au stationnement à une cour végétalisée, ombragée et pensée pour le bien-être des élèves. Porté par l’agence Art des Villes et des Champs et le bureau d’études VRD SELARL Roussel Langlois, le projet illustre les enjeux actuels de désimperméabilisation et de renaturation des établissements scolaires. L’objectif était de diversifier usages et ambiances et de développer le végétal.
La démarche a débuté par un important travail de concertation avec les usagers : élèves, enseignants et personnel. Le recensement des besoins a permis de repenser entièrement les 8 500 m² d’espaces extérieurs, notamment en rééquilibrant la place accordée aux voitures et aux enfants. L’ancien parking des enseignants a ainsi été transformé en cour nord dédiée aux usages calmes, tandis que la cour sud a été remodelée pour casser son effet de couloir et offrir une diversité de micro-espaces adaptés aux différents temps de la journée.
La renaturation a constitué un axe majeur du projet. Les surfaces minérales ont été réduites au profit d’îlots plantés, de zones d’infiltration et d’un important travail sur le rafraîchissement urbain. L’agence a conservé et réutilisé l’ancien enrobé pour limiter l’impact carbone, tout en renforçant les trames végétales hautes. Selon Michaël Ripoche, l’ombrage des arbres peut réduire la température d’une façade jusqu’à 5 °C, un enjeu crucial face au réchauffement climatique.
La biodiversité a également été largement renforcée avec l’introduction de 150 nouvelles espèces végétales, la création d’une micro-forêt urbaine de 350 m², d’un verger, d’un potager et d’une mare pédagogique. Le mélange d’essences locales et ornementales permet d’offrir un paysage riche, résilient et pédagogique. Ces aménagements offrent aussi de nouveaux repères visuels et un cadre apaisant pour les élèves et les enseignants.
Enfin, la cour propose désormais une grande diversité d’usages grâce à un mobilier sur mesure, un amphithéâtre de verdure, des espaces de détente, un mur d’expression et des zones sportives repensées. Malgré les contraintes d’un chantier en site occupé, le résultat est salué par la communauté éducative : la cour est plus calme, mieux répartie et plus accueillante. Pour l’agence, ce projet constitue « une véritable aventure humaine, riche et agréable », et un exemple inspirant de cour d’école plus végétale, inclusive et apaisée.



